On commence par les orientations. Où le soleil se lève, où il se couche, quelle face prend la lumière du matin et laquelle reste froide toute la journée. Une unité mal orientée ne se rattrape pas : on peut déplacer un fauteuil, pas la course du soleil.
Viennent ensuite les distances. Distance au bâti, aux circulations de service, aux zones de jeu, au bruit de la route qu’on n’entend qu’en fin de journée, quand le vent tourne. Ce sont elles qui produisent le calme. Une haie cache un vis-à-vis ; elle ne le supprime pas.
On relève les vues, une par une, en notant ce qu’elles valent à six heures, à midi et à vingt heures. Certaines ne tiennent qu’une heure par jour. D’autres n’existent qu’en hiver, quand les feuilles sont tombées. Une vue qui disparaît six mois par an n’est pas une vue : c’est une saison.
Puis les usages existants. Par où passent les équipes, les tondeuses, les livraisons, les promeneurs du dimanche. Un chemin qui ne figure sur aucun plan mais que tout le monde emprunte depuis trente ans vaut mieux qu’un tracé neuf.
La lecture se termine rarement par une carte des emplacements possibles. Elle se termine par une carte des emplacements impossibles — et c’est celle-là qui fait le projet.
Note I·Méthode